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Bulletin du 10 novembre 2005

L’affaire est dans le sac!

Agir pour réduire la surconsommation des sacs de plastique

Triste image que celle d’un sac de plastique déchiqueté et prisonnier dans les branches d’un arbre. L’accumulation de ces sacs dans les lieux d’enfouissement n’est guère plus réjouissante, d’où le fait que certains marchands envisagent d’utiliser des sacs de plastique dégradables. Mais attention! Ce type de sacs ne représente peut-être pas la panacée recherchée!

Il est vrai que l’utilisation de sacs de plastique est devenue au fil du temps une préoccupation environnementale puisqu’à chaque année, les Québécois font usage d’environ 2 milliards de sacs de plastique de tous genres. Si la majorité de ces sacs de plastique aboutit encore malheureusement à l’élimination, la situation change graduellement puisque plus de 60 % de la population du Québec peut maintenant déposer les sacs de plastique dans le bac de collecte sélective en vue de leur recyclage.

Sacs dégradables : pour l’instant, la prudence s’impose

La production du sac dégradable entraîne des impacts comparables à celle du sac en plastique traditionnel en termes de consommation d’énergie et de ressources. L’utilisation du sac dégradable peut, quant à elle, donner au consommateur l’impression erronée d’être moins dommageable pour l’environnement sous prétexte que sa dégradation est plus rapide. Selon l’état actuel de notre connaissance sur le sujet, le sac fait de plastique dégradable ne comporte pas d’avantages significatifs par rapport au sac traditionnel s’il est destiné à l’élimination. L’avantage d’utiliser des sacs dégradables est qu’ils facilitent la participation des citoyens à la collecte des résidus compostables. Cependant, on doit s’assurer d’utiliser des sacs qui se dégradent au moins aussi rapidement que les résidus organiques qu’ils contiennent, ce qui n’est pas le cas de tous les sacs dégradables actuellement sur le marché au Québec. À défaut de se décomposer au même rythme, les sacs dégradables pourraient nuire à la qualité du compost produit.

L’impact des sacs dégradables qui seraient déposés dans le bac de récupération de la collecte sélective demeure encore inconnu et la prudence s’impose à cet égard pour éviter la contamination des matières plastiques destinées au recyclage. Il est intéressant de savoir que les sacs de plastique traditionnel, lorsque récupérés pour fins de recyclage, sont utilisés, par exemple, dans la fabrication de matériaux de construction (planches de plastique) très résistants et durables. Ces matériaux servent notamment à fabriquer des meubles de jardin.

La réduction et le réemploi : les avenues à privilégier

Une chose est certaine, la population du Québec est de plus en plus consciente et sensible au problème de la surconsommation des sacs de plastique. La meilleure intervention est d’appliquer le principe des 3RV selon lequel on doit favoriser la réduction à la source et le réemploi avant de recourir au recyclage et au compostage. Dans le contexte où certains doutes subsistent quant à l’impact des sacs dégradables sur le recyclage ou le compostage, mieux vaut agir avec précaution. Rien n’empêche néanmoins d’adopter des mesures qui favorisent la réduction à la source et le réemploi comme cela a été le cas en Australie, où un code volontaire de bonnes pratiques proposé aux détaillants a permis de réduire de 25 % le nombre de sacs mis en circulation. Ce code propose notamment de faire la promotion du sac réutilisable, de permettre la récupération des sacs en plastique au point de vente et de former le personnel aux caisses pour les inciter à réduire le nombre de sacs distribués. De bonnes habitudes à prendre!

Pour en savoir plus sur une initiative de l’entreprise Critéria, du Saguenay-Lac-St-Jean, pour réduire à la source la consommation de sacs de plastiques, cliquez ici...